J’ai re-mangé Londres

Non je mens, je n’ai pas re-mangé Londres, c’était le même weekend. Mais c’est bien, aussi, de faire des petites pauses.

 

Suffit le papillonnage, parlons bon. De ce bon qui vous donne une leçon, ce bon qui vous cloue le bec tout en vous donnant envie de chanter, ce bon qui rend votre ignorance heureuse et délectable, espiègle et insatiable. Ce soir-là, à la Kitchen Table, je ne savais plus rien. Et ça m’a plu.

Traversez Bubbledogs dont la carte est également élaborée par James Knappett : du Champagne et des hot dogs, haute voltige, ouvrez le rideau en velours et descendez les dernières marches qui vous séparent du premier jour du reste de votre vie : vous y êtes. Dix-neuf tabourets autour de James, le chef, Linda, son amoureuse, sommelière, et son équipe. Petit silence de contemplation, et puis cette indéfinissable sensation de fierté d’être là. Une ardoise au mur rappelle ce ravissant menu sur papier dessin découpé main qui vous attend sagement à votre place, avec ce petit air victorieux de celui qui sait qu’il a déjà gagné, et ne dévoilera qu’un mot par plat. Pour le vin, Linda, we trust you (et là, meilleure décision de ma vie). De plat en plat, c’est une profusion de je-sais-mieux-que-toi-ce-que-tu-aimes-alors-tais-toi, de quoi-que-je-dise-maintenant-ne-sera-pas-à-la-hauteur-de-ce-qui-se-passe-dans-ma-bouche et de en-fait-j-ai-compris-James-c-est-un-magicien. Bluffée. L’une de ces soirées où on finit par sympathiser avec la moitié du restau (dans ce cas précis, ça fait 3 personnes), aller boire des bolinettes dans un pub et finir chez eux. Apparemment ça fait partie de la prestation.

Pas de weekend sans brunch, dernière étape de mon périple. Allez viens, on va à la Bistrothèque, cet endroit tellement cool que tu peux pas le trouver, c’est le Chuck Norris du brunch, version bobo. Donc on cherche, on virevolte, on batifole, on creuse, on fait demi-tour, on folâtre, on hésite, on se gratte la tempe avec un air absorbé et puis finalement on s’aventure dans la énième cour, ah de la lumière, oh un escalier, tiens une porte, wouah un sapin de Noël, ouais on y est. Bah pourquoi y’a que des Français ? Selon Jelly Bean, c’est à cause du nom. Ah oui, ça doit être pour ça. Maintenant, parlons food. Kippers on toast et œuf poché, inratable, pancakes avec bacon et mapple sirup, je m’y ferai jamais, cheese burger acrobatique, « hot fromage » (St-Marcelin au four), tout est dit, salade de crabe aux agrumes et salade d’endives – noix – stilton, bonnes élèves, bircher müesli : bircher müesli. Dessert maison sur les canaux, gargantuesque truffe en chocolat à la noix de coco, d’une gourmandise folle. Du coup je finis là-dessus.

Christophe Adam, pâtissier éclairé
La p’tite feuille à gros effet