Breakfast addict

Ma mère m’a toujours dit : « le petit déjeuner, c’est sacré ! ». Et bien que n’étant pas franchement du matin (voire viscéralement pas du tout du matin), je crois ne jamais être partie de chez moi sans avoir pris un petit-déjeuner, même léger. Un peu comme je ne me suis jamais couchée sans m’être démaquillée, même après des soirées que la décence m’interdit de mentionner ici (c’est mal !), mais là n’est pas le propos.

Pour moi, le petit-déjeuner de base, c’est au minimum une boisson chaude (en l’occurrence du thé avec une goutte de lait, dans un très grand bol, les tasses le matin c’est ridicule) et une tartine de pain beurré avec de la confiture, plus un verre de jus d’orange. La plupart du temps, je mange également un petit morceau de fromage, genre Babybel ou Caprice des Dieux (ah oui parce que pour info, sinon je n’aime pas le fromage, en tout cas j’ai un vrai problème avec ça, on pourra en reparler d’ailleurs !). Ça, c’est la base, le tout avalé dans le silence, sinon je mords.

Parfois, je mange un peu de jambon, des céréales, et si j’avais le temps, je me ferais également cuire un œuf (sans jeu de mots), à la coque, sur le plat ou brouillé, peu importe, j’adore les œufs. Ça c’est plutôt le petit-dej du week-end, avec du pain frais et des viennoiseries : croissants, pains au chocolat, cravates, chouquettes, etc… Le bonheur ! Et je dois avouer que j’ai beaucoup de chance, car que ce soit en semaine ou le week-end, tous les matins quand je me lève, mon petit-déjeuner est prêt. Alors non je ne vis pas avec Mary Poppins, mais avec un homme formidable qui a tout compris ! D’ailleurs c’est bien simple, rien que pour ça, je ne pourrais jamais le quitter, et il le sait. C’est aussi pour ça que je le cache, j’aurais trop peur qu’on me le pique, d’autant qu’il prépare les meilleurs œufs brouillés du monde, voilà, c’est dit.

Avant lui, c’était ma maman qui me faisait mon petit-dej… Ce que je préférais, c’est quand elle me préparait de la bouillie, plus précisément de la Blédine à cuire au chocolat. Qui se souvient de ce truc incroyable qu’on ne trouvait qu’en pharmacie ? Un jour, elle se rend dans l’officine en bas de chez nous et demande de la bouillie… « Premier ou deuxième âge la bouillie ? » lui demande la pharmacienne. « Je ne sais pas, c’est pour ma fille… » « D’accord, mais elle a quel âge, votre fille ? » « 20 ans, pourquoi ? » . Voilà, j’ai une maman exceptionnelle… Et c’est ce jour-là qu’on a découvert que ça n’existait plus ! S’il y a des nostalgiques de la Blédine à cuire parmi vous, je propose d’ailleurs qu’on fasse une pétition…

Mais je suis aussi capable quand je suis seule de préparer mon petit-dej toute seule. Le problème, c’est que je ne suis tellement pas réveillée qu’il m’est arrivé plus d’une fois de remplir mon bol de jus d’orange, ou de confondre le pot de confiture d’abricots avec celui du confit d’oignons… Sans parler du fait que je me relève vingt-cinq fois parce que j’ai oublié de sortir le beurre du frigo, de prendre un couteau, puis une petite cuillère, de faire griller le pain, de verser l’eau dans mon bol… C’est pénible et ça peut durer des heures, mais rien ne peut me gâcher ce plaisir final, celui de me retrouver devant mon bol de thé fumant et mes tartines de pain beurrées.

Pour moi, ceux qui ont tout compris en matière de petit-déjeuner, ce sont les Anglais. Ah le bacon, les œufs, les tomato-beans, les saucisses… Je suis fan ! Sans oublier les muffins, les crumpets, les pancakes, les scones… Pour ça, je vais d’ailleurs régulièrement m’approvisionner chez Marks & Spencer, dont je bénis le retour en France, parce qu’au prix du billet d’Eurostar, ça faisait cher le breakfast !

Cependant, le kiff absolu reste à mon sens de prendre le petit-déjeuner à l’hôtel. Evidemment, entendons-nous bien, je ne parle pas du Formule 1 coincé entre le péage et le parking du supermarché, non, je parle plutôt de l’hôtel avec quelques étoiles… Et à bien y réfléchir, je crois que je juge plus un établissement à la qualité de son petit-déjeuner qu’à celle de sa literie, parce que de toute façon, je dors bien à peu près partout ! Bien sûr, j’ai une grosse préférence pour les petits-déjeuners servis en chambre (je vous ai dit que je n’étais pas du matin ?), mais les buffets proposés sont aussi parfois exceptionnels. Et dans ce cas, il y a en ce qui me concerne gros lâchage, mon jeu favori étant de vouloir absolument tout goûter.

Je suis heureuse (et fière) d’avoir transmis à mon fils cet amour du petit-dej, à tel point qu’aujourd’hui, du haut de ses 6 ans, il est capable de me demander de mettre le réveil cinq minutes plus tôt « parce que j’aime trop prendre mon temps pour le petit-déjeuner ». Sur le principe, je trouve ça génial, dans les faits, il peut toujours rêver pour que j’avance le réveil ! Faut pas abuser non plus…

Christophe Adam, pâtissier éclairé
La p’tite feuille à gros effet